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La cigarette électronique

Encore inconnue il y a quelques années, la cigarette électronique ou « e-cigarette » s’est petit à petit infiltrée dans notre quotidien. Suite à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, de plus en plus de personnes ont adopté cette nouvelle manière de « fumer ». On estime ainsi qu’en France, plus de 3 millions de personnes utilisent ce dispositif électronique, dont plus de 50 % d’entre eux quotidiennement.

Les médias en parlent, les publicités vantent ses avantages et certains professionnels de santé soutiennent que la cigarette électronique représenterait une aide efficace pour arrêter de fumer
Qu’en est-il vraiment ? Comment fonctionne une cigarette électronique ? Est-elle vraiment efficace pour le sevrage tabagique ? Est-ce dangereux ? Nous répondons à toutes vos questions. 

La cigarette électronique, c’est quoi ?

L’e-cigarette a en réalité peut de chose à voir avec une cigarette conventionnelle, si ce n’est son apparence. En effet avec la cigarette électronique, il n’y a pas de tabac, il n’y a pas de fumée non plus et vous n’avez nullement besoin d’un briquet ou d’une allumette pour l’allumer.

En réalité, dans une e-cigarette le tabac est remplacé par des flacons de « e-liquides » remplissant une cartouche ou dépôt. La fumée est en fait de la vapeur. Quant à la combustion, elle est produite par une résistance qui s’enclenche à la pression d’un petit bouton. Le fait de « fumer » ou consommer  une cigarette électronique se dit « vapoter ».

Les recharges d’ « e-liquide » se présentent sous forme de flacon contenant diverses substances. On y trouve du propylène glycol ou du glycérol, des arômes et dans certains cas une proportion plus ou moins importante de nicotine. Il faut savoir qu’actuellement il existe plus de 7000 arômes, pour qu’il y en ait pour tous les goûts...

Pour être plus ressemblante encore à une véritable cigarette, l’e-cigarette a une diode luminescente à son extrémité qui imite visuellement la combustion normale du tabac. 

Comment fonctionne une e-cigarette ?

Le fonctionnement d’une e-cigarette est simple : l’utilisateur aspire de la même manière qu’un fumeur sur le « filtre » de l’e-cigarette. L’e-liquide présent dans la cartouche située au niveau du filtre s’échauffe via le déclenchement de la résistance : la vapeur ainsi créée est ensuite inhalée puis recrachée, simulant la fumée. Une fois que l’e-liquide présentedans la cartouche est consommé, il est remplacé par une autre dose.

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L’e-cigarette n’est pas considérée comme un médicament

Les fabricants de ces dispositifs électroniques vont bien évidemment affirmer que l’e-cigarette est une aide efficace pour arrêter le tabac. Dans les faits, ce n’est pas aussi simple.

Il faut en effet savoir que  l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM, anciennement Affsaps), l'Office Français de prévention contre le Tabagisme (OFT) et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) insistent tous trois sur le fait que l’e-cigarette ne représente en aucun cas une méthode médicale de sevrage. L’ANSM recommande même de ne pas consommer cQe type de produit.

Aucune cigarette électronique n’a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM). Délivrée par l’ANSM, l’AMM octroie le statut de médicament à un produit. L’e-cigarette n’est pas non plus inscrite dans la liste des produits dont les pharmaciens peuvent faire le commerce, c’est pourquoi elle ne peut être vendue en pharmacie. L’ANSM considère en effet que les substituts nicotiniques doivent être encadrés strictement, que leur usage doit être limité et contrôlé. Contrôle qui n’est actuellement pas garantit par ce type de produit. L’ANSM insiste de plus sur le fait que quelque soit la quantité de nicotine présente dans un flacon d’une e-cigarette, la consommation de cette substance peut induire une forte dépendance. 

L’e-cigarette est donc considérée comme un produit de consommation courante répondant aux mêmes exigences de sécurité que n’importe quel autre produit de cette catégorie.

L’e-cigarette, une aide pour arrêter de fumer ?

Si légalement, la cigarette électronique n’est donc pas reconnue comme un médicament pour l’arrêt du tabac, certains professionnels de santé prônent son utilisation pour le sevrage tabagique. C’est notamment le cas de Gérard Mathern, pneumologue et tabacologue. Le Docteur Mathern a ainsi rédigé un manifeste en faveur du « vapotage ». Signé par plus de 100 de ses confrères, il présente l’e-cigarette comme un « réducteur de risque ». Pour cet expert, la cigarette électronique place ainsi « l’arrêt du tabac à la portée de tous ». Pour lui, les frustrations liées à l’arrêt du tabac sont allégées grâce à la cigarette électronique. Ce dispositif permet de préserver le plaisir et l’estime de soi tout en faisant perdre son attrait au tabac.

La dépendance psychologique à la cigarette, le geste même de fumer, les habitudes prises associées à ce moment particulier sont autant de difficultés supplémentaires à l’heure d’arrêter le tabac. En ce sens, l’e-cigarette semblerait donc être bénéfique. 

L’e-cigarette, dangereuse pour la santé ?

Il faut reconnaitre que pour le moment peu d’études vraiment sérieuses existent sur le sujet. On sait déjà que certaines substances des e-liquides seraient potentiellement dangereuses. C’est par exemple le cas du diacétyle. Ce Composant une fois chauffé et inhalé pourrait effectivement endommager les poumons. 

Cependant, de toute évidence si on la compare au tabac l’e-cigarette supprime ou du moins diminue de manière significative les risques d’apparition de graves pathologies tels que les cancers.  La vapeur de la cigarette électronique ne contient pas de goudron, ni de monoxyde de carbone, ni d’hydrocarbure provoquant maladies cardio-vasculaires et autres cancers liés au tabagisme. Le « vapotage » est par conséquent beaucoup moins nocif que le tabagisme et semble donc pouvoir s’inscrire dans une logique d’arrêt du tabac.

D’après le Baromètre santé 2014 de l’Inpes le « vapofumeur », c'est-à-dire le fumeur qui utilise également une e-cigarette diminuerait sensiblement sa consommation de cigarette. Il fumerait en moyenne 9 cigarettes en moins quotidiennement. 

En guise de conclusion on peut donc dire que la première chose à faire pour arrêter de fumer est d’en parler avec un professionnel de santé. Il pourra ainsi évaluer votre situation personnelle, votre degré de dépendance, vos habitudes de fumeur, etc. Il sera alors en mesure de vous prescrire des traitements médicamenteux dont l’efficacité a été prouvée et vous construirez ensemble la stratégie qui semble la plus efficace pour que l’arrêt du tabac soit couronné de succès, avec ou sans e-cigarette.

Sources:

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