Quelles méthodes contraceptives choisir avec l'âge?

S'il est vrai que la fertilité baisse de manière exponentielle à partir de 36 ans, ça ne veut pas dire qu'une femme de quarante ans est stérile, bien au contraire. Bien évidemment tomber enceinte quand on a 40 ans, c'est moins facile qu'à 20 ans. Mais c'est tout à fait possible et ça arrive bien plus souvent qu'on ne le pense.

Le « problème », c'est que souvent ces grossesses de la quarantaine ne sont pas toujours désirées. Une étude réalisée aux Etats-Unis démontre ainsi que 29 % des grossesses chez des femmes âgées entre 35 et 39 ans ne sont pas planifiées. Chez les femmes de plus de 40 ans, ce chiffre monte à 38 %. Et dans 58 % des cas, ces grossesses non-planifiées se terminent par un avortement.

Au regard de ces chiffres, la question de la contraception chez les quarantenaires est donc un sujet que tous les médecins devraient aborder avec leur patiente. Malheureusement, le sujet reste encore bien souvent tabou. Et c'est d'autant plus regrettable que la contraception chez les femmes en pré-ménopauses doit être abordée d'un autre point de vue. Les femmes plus avancées en âge doivent en effet faire face à des conditions de santé particulières. Elles peuvent également souffrir de symptômes péri ménopausiques. 

Etant à une autre étape de leur existences, certaines recherchent une solution plus permanente, ont des rapports sexuels moins fréquents... autant de facteurs qui demandent une réflexion plus approfondie encore quant au choix de la méthode contraceptive en question. Les attentes en termes de contraception ne sont pas les mêmes quand on a 20, 30, 40 ans.

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Méthodes contraceptives utilisées selon l'âge

Si en théorie, n'importe quelle méthode contraceptive peut être utilisée, dans les faits, choisir sa contraception à l'approche de la ménopause demande une réflexion plus approfondie encore. Voici les différentes options qui s'offrent à vous avec leurs avantages / défauts respectifs.

Le stérilet

Chez les femmes de plus de 40 ans, en France, le stérilet est la méthode contraceptive la plus prisée. Cette solution a en effet l'avantage d'être facile à utiliser : vous êtes tranquille pendant au moins 5 ans. Il n'y a pas de risque d'oubli non plus. 

Comme vous le savez certainement, il existe deux types de stérilet ou Dispositif Intra Utérin (DIU). Le DIU en cuivre ou le DIU hormonale.

  • Le DIU en cuivre : peut entraîner des règles très abondantes chez les femmes présentant des fibromes. Or une femme sur deux en a à cet âge. 
  • Le DIU hormonal : plus sollicité. La progestérone qu'il distille en petite quantité et de manière régulière dans l'organisme a l'avantage, à l'inverse, de réguler voire de diminuer les règles. 

Le stérilet a également l'avantage d'être mis en place facilement. Et cette méthode contraceptive peut être enlevée tout aussi aisément. Il ne s'agit donc nullement d'une contraception définitive. 2 voire 3 stérilets devraient donc être suffisants avant que la ménopause ne soit vraiment établie.

Quelques inconvénients à signaler pour le DIU hormonal. Le stérilet hormonal peut chez certaines femmes provoquer un gonflement des seins, une poussée d'acné, ou la survenue de quelques poils indésirables. Ces effets secondaires indésirables disparaissent généralement très rapidement. Le temps pour l'organisme de s'adapter.

La pilule

Cette méthode contraceptive reste très prisée des quadragénaires. On estime ainsi que 27 %  d'entre elles continuent à prendre la pilule
Cependant, après 40 ans, la prise d'un contraceptif oral demande une vigilance plus stricte. Il ne faut pas présenter de conte-indications tel que tabagisme, migraine, surpoids, cholestérol, problèmes vasculaires, hypertension, diabète, antécédents familiaux de thrombose, etc. Ces risques accrus font donc baisser la popularité de la pilule qui reste la première méthode contraceptive chez les femmes entre 18 et 40 ans. Plus de 65 % font en effet ce choix.

Après 40 ans, pour celles qui tiennent vraiment à leur pilule, des adaptations peuvent être adoptées comme par exemple la prise d'une micro-pilule ou pilule microdosée. Ces pilules ne contiennent que de la progestérone et pas d’œstrogène. Leurs effets secondaires sont donc moindres.

Un contrôle régulier de l'état de santé général doit être effectué régulièrement, à plus forte raison avec les pilules œstroprogestatives.

L'un des avantages de la pilule, c'est qu'étant une méthode contraceptive hormonale, elle permet de réguler et harmoniser les cycles. Et ce n'est vraiment pas un luxe en période de péri ménopause. L'un des inconvénients de la pilule reste toujours le même, le risque d'oubli.

Les patchs et l'anneau vaginal

Etant des méthodes contraceptives hormonales, le patch contraceptif et l'anneau vaginal présentent les mêmes contre-indications que la pilule. Leur prescription doit donc être sujette à un contrôle médical lui aussi plus stricte. L'utilisatrice ne doit présenter aucune contre-indication. 
Ces méthodes contraceptives représentent donc une sorte de compromis entre le stérilet et la pilule. L'utilisatrice garde le « contrôle » de sa contraception sans être pour autant contrainte de prendre la pilule tous les jours. Le patch doit en effet être changé toutes les semaines pendant trois semaines avec une pause d'une semaine. L’anneau quant à lui est efficace pendant trois semaines. Là encore une pause de 7 jours doit être observée.
Le principal inconvénient de ces méthodes contraceptives reste certainement le risque de réaction allergique. Ce risque, sans gravité, reste cependant très rare : 2,5 % des cas pour le patch et 5 % pour l'anneau.  

L'hystéroscopie (ou méthode Essure)

Contrairement au trois précédentes méthodes présentées jusqu'à présent, l'hystéroscopie est une méthode contraceptive définitive. C'est d'ailleurs pour ce côté irréversible qu'un délai de 4 mois de réflexion est exigé légalement.
Cette option définitive a l'avantage de libérer la femme de toutes préoccupations contraceptives. Elle peut donc vivre sa sexualité de manière complètement libérée sans craindre une grossesse. 
L'opération, non-chirurgicale, sans anesthésie, peut être comparée à la pause d'un stérilet. La mise en place ne dure en effet pas plus de 10 minutes. Il s'agit d'insérer des micros implants qui, placés à l'intérieur des trompes vont finir par les obstruer. 
Il faut par contre attendre au moins trois mois et une vérification par échographie pour s'assurer que le processus est effectif. Durant cette période, une autre contraception doit donc être utilisée. 
Autre avantage : l'efficacité de l'hystéroscopie est de 99,7 %. L'inconvénient principal, comme nous l'avons répété à plusieurs reprises, c'est son côté définitif. 

Ligature des trompes

Tout comme l'hystéroscopie, la ligature des trompes est une solution contraceptive définitive. Par contre, à la différence de l'hystéroscopie, la ligature des trompes demandent une hospitalisation de 24 à 48 heures. Cette opération peut également entraîner des douleurs notamment abdominales.
La ligature des trompes peut être réalisée, par voie vaginale, par voie abdominale ou par cœlioscopie. A la différence de l'hystéroscopie, la ligature des trompes est effective immédiatement, mais cette efficacité est de l'ordre de 99 %. Là aussi un temps de réflexion de 4 mois et un consentement écrit son obligatoire. 

Méthodes contraceptives mécaniques

Différentes présentations peuvent entrer dans cette catégorie : spermicides sous forme de crème, de gel, d'ovule... Mais en réalité, ce sont des options peu utilisées chez les femmes de 45 ou plus. Bien que ces méthodes contraceptives soient efficaces à plus de 99,9 % sur cette tranche d'âge et ne présentent aucune conte-indication, elles ne sont que rarement utilisées encore aujourd'hui.
Leur utilisation même reste en effet parfois un peu problématique : temps d'attente,  efficacité limitée dans le temps : une heure pour les ovules, 8 pour les crèmes.   

Les préservatifs

Pas toujours facile de s'y mettre lorsque l'on est mariée ou en couple avec un partenaire de longue date. C'est d'ailleurs souvent monsieur qui rechigne à utiliser cette méthode contraceptive. 
En cas de quarantaine plus frivole, le préservatif offre par contre un double avantage : un contraceptif et un moyen de protection contre les maladies sexuellement transmissibles. Souvent pré lubrifié, le préservatif peut également être d'un grand secours en cas de sécheresse vaginale. Souci de plus en plus fréquent à l'arrivée de la ménopause.  

Sources:

Comment ça marche ?
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Vous répondez au questionnaire médical en ligne
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