L'urgence hémorroidaire

Si les hémorroïdes sont fréquentes, elles restent un sujet tabou. Pas toujours facile en effet d'aborder ce sujet. Pourtant cette pathologie est très répandue. On estime ainsi que plus de 30 % de la population est susceptible d'en avoir déjà souffert. Souvent bénigne mais très dérangeante, l'urgence hémorroïdaire peut également survenir. Nous faisons le tour de la question.

Vous avez dit hémorroïdes ?

A l'image des varices, les hémorroïdes sont des veines dilatées mais au lieu de se situer au niveau des jambes, elles sont présentent au niveau de l'anus ou du rectum. Il existe deux types d'hémorroïdes. Il y a ce que l'on appelle les hémorroïdes internes qui ne sont pas visibles à l'œil nu. Elles se forment dans l'anus, au niveau de la partie inférieure du rectum. Il y a également les hémorroïdes externes. Elles se situent au niveau de l'anus, au niveau de l'orifice.

Des symptômes normaux, facilement identifiables

Dans la majorité des cas, il n'y a pas à proprement parler d'urgence hémorroïdaire. S'ils sont extrêmement dérangeants voire insupportables, les symptômes hémorroïdaires sont rarement aigus et peuvent être soulagés.

Dans la majorité des cas donc, la présence d'hémorroïdes se manifestent par des douleurs au niveau de l'anus, à plus forte raison au moment d'aller à la selle. Un saignement peut aussi se produire. Le sang peut ainsi apparaitre sur le papier toilette après la défécation. Les hémorroïdes provoquent un grand inconfort dans la zone de l'anus. Bien souvent des démangeaisons et autres brulures sont également ressenties.

Un autre symptôme relativement fréquent se manifeste par un suintement de mucus par l'anus. La personne atteinte souffrant de pathologie hémorroïdaire peut aussi avoir la sensation que l'intérieur de son rectum est enflé. Dans certains cas, des protubérances sortent de l'anus. Elles sont palpables et particulièrement sensibles.

Les cas d'urgence hémorroïdaire

On estime que dans 15 % des cas, il y a urgence hémorroïdaire. Cette urgence est essentiellement due à la douleur ressentie par la personne atteinte. Les hémorroïdes peuvent en effet faire extrêmement mal. Il peut arriver qu'une veine superficielle explose ou qu'un caillot de sang se forme. Résultat : un hématome sous tension se forme provoquant une douleur intense.

Dans le cas de la thrombose hémorroïdaire interne, soit elle se maintient à l'intérieur, soit elle se développe à l'extérieur. Quelque soit la situation, ça fait très mal. D'autant plus que les veines ne peuvent plus retourner à leur place initiale.

Pour ce qui concerne la thrombose hémorroïdaire externe, c'est généralement une douleur subite accompagnée d'une tuméfaction de la zone anale qui donne l'alerte.

hemorroides externes et internes

En cas d'urgence hémorroïdaire externe, une intervention chirurgicale s'impose pour soulager le patient. Dans le cas de la thrombose hémorroïdaire externe, une excision va avoir lieu. Après qu'une anesthésie locale aie été administrée, l'hématome sous tension sera libéré avec un « simple coup de bistouri ». En cas d'urgence hémorroïdaire interne, la situation se complique. Une anuscopie sera nécessaire pour bien identifier la pathologie et réaliser le geste chirurgical.

thrombose hemmoroide

Ces interventions ne sont généralement pas nécessaires car les traitements existants sont généralement efficaces. Si l'acte chirurgical s'impose, il se fera aux urgences des hôpitaux et dans certaines cliniques. Si intervention il y a, elle doit être effectuée 72 heures maximum après que les premiers symptômes apparaissent.

Comment prévenir ces situations ?

Pour éviter de faire face à une urgence hémorroïdaire, certains gestes simples sont à adopter. On sait ainsi que des facteurs déclenchant comme la constipation, une position assise de manière prolongée (par exemple lorsque vous êtes aux toilettes), le stress ou encore certaines activités sportives peuvent provoquer l'apparition d'hémorroïdes.

Une marche quotidienne permettrait par contre de stimuler le transit intestinal. Il s'agirait également d'éviter de retenir le moment d'aller à la selle. L'attente dans ces cas-là aura tendance à durcir et assécher les selles ce qui les rend plus difficiles à expulser. Une fois aux toilettes, il faut limiter les efforts de poussée, ne pas forcer, ne pas rester assis dans cette position plus que nécessaire. Les muscles situés au niveau de l'anus sont relâchés et cette position favorise également l'afflux de sang.

Surveiller son régime alimentaire semblerait également être capital. Il s'agirait ainsi d'éviter de manger des plats épicés ou riches en lipides, de consommer alcool et café. A l'inverse, la consommation d'aliments riches en fibres végétales favoriserait le transit intestinal tout en ramollissant les selles. Il est donc conseillé de consommer des légumes verts, des céréales, du pain complet, des salades, des fruits. Il est également important de boire suffisamment de liquide afin d'avoir une bonne hydratation.

Porter des sous-vêtements en fibre naturelles est à privilégier. Les fibres synthétiques ne laissent pas respirer la peau et l'humidité peut s'accumuler. Il est essentiel de conserver une très bonne hygiène de la zone affectée. Il est encore conseillé d'éviter l'utilisation de papier toilettes parfumées. Préférez plutôt une serviette humide pour bébé ou un linge de coton humide.

Quels facteurs de risques ?

Certaines personnes seront plus disposées à souffrir d'hémorroïdes. C'est par exemple le cas pour celles qui ont un parent qui souffrent de cette pathologie. Les femmes enceintes ou celles qui ont donné naissance de manière naturelle par accouchement vaginal, les personnes qui souffrent d'obésité ou d'une cirrhose du foie. Enfin la pratique du coït anal pourrait également favoriser l'apparition d'hémorroïdes.

Quels traitements ?

Lorsque des crises hémorroïdaires se produisent, le patient peut être soulagé grâce à un traitement antidouleurs, un traitement local (une pommade à appliquer directement sur les hémorroïdes par exemple ou encore un suppositoire). Pour calmer les démangeaisons, des compresses froides peuvent être appliquées. Ces compresses peuvent être appliquées plusieurs fois par jour durant une dizaine de minutes. Votre médecin peut également vous prescrire des anti-inflammatoires et compléter le traitement avec un laxatif.

Sources:

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