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Hirsutisme : comment se débarrasser d'une pilosité excessive ?

Un poil disgracieux sur le visage, tout le monde en a déjà eu mais que faire lorsqu'ils se multiplient à outrance ? En d'autres termes : que faire contre l'hirsutisme ? Sans forcément être une femme à barbe, l’hyper pilosité au niveau du visage est extrêmement difficile à vivre pour la grande majorité des femmes qui en souffrent. Il faut bien reconnaître que dans notre société où le poil est presque diabolisé, souffrir d'hirsutisme devient vite un véritable fardeau. Mais est-ce vraiment une fatalité ? Existe-t-il des traitements efficaces ? Et qu'entend-on par ce terme ? Nous vous proposons un tour d'horizon sur ce « détail esthétique » synonyme de handicap...

L'hirsutisme, c'est quoi ?

On parle d'hirsutisme chez la femme lorsqu'une pilosité excessive se développe sur des zones corporelles qui sont normalement dépourvues de poils.  Il peut s'agir par exemple du visage, du torse, du cou,  de la ligne médiane située entre le sexe et le nombril, etc. Cette pilosité excessive est comparable à celle de la pilosité masculine. Le degré d'hirsutisme est évalué sur l'échelle de Ferriman-Galleway ci-dessous. Un score supérieur à 8 est synonyme d'hirsutisme. Trois stades sont ainsi distingués : 

  • de 8 à 16 : hirsutisme léger
  • de 17 à 25 : hirsutisme modéré
  • + de 25 : hirsutisme sévère

Chaque région corporelle est  notée sur une échelle de 0 (absence de gros poils) à 4 (présence de beaucoup de gros poils). Les différents résultats sur chacune des zones corporelles sont ensuite additionnés. Le total des différents scores ainsi obtenus va donc permettre de définir le degré d'hirsutisme.

Les zones corporelles qui sont donc normalement dépourvues de poils chez la femme sont la lèvre supérieure, le menton, la poitrine, la partie supérieure du dos, la partie inférieure du dos, la moitié supérieure de l'abdomen, la moitié inférieure de l'abdomen, bras, cuisses.

Hirsutisme - echelle de Ferriman-Galleway

Remarque :  il ne faut pas confondre hirsutisme avec hypertricose. L'hypertricose se caractérise par une pilosité exagérée généralisée d'origine familiale ou ethnique.

Quels traitements contre l'hirsutisme ?

Etant donné que dans de nombreux cas, la cause de l'hirsutisme est due à un dysfonctionnement hormonal, la prise en charge de cette anomalie doit être effectuée après vérification des dosages hormonaux. Un traitement « anti hormone masculine » est donc souvent envisagé. Un traitement d'appoint, intervention cosmétique /  esthétique est généralement effectué également.

1/ Traitements médicamenteux

  • Eflornithine : médicament d'application locale, l'eflornithine (également connu sou sle nom commercial de Vaniqa ) est une crème à appliquer sur les zones corporelles concernées par l'hirsutisme. Cette crème va ralentir la pousse des poils. La crème doit être appliquée deux fois par jour et son efficacité est observable au bout de 2 à 3 mois de traitement. Elle a l'avantage de ne présenter que peu d'effets secondaires indésirables qui plus est minimes : essentiellement l'apparition d'acné ainsi que sensation de brûlures et picotements sur les zones corporelles où elle est appliquée.
  • Médicaments anti androgène : l'effet de ces médicaments est visible au bout de 4 à 6 mois de traitement. Leur action va essentiellement rendre les poils de plus en plus fins et donc de plus en plus discrets. L'hirsutisme va par contre revenir dès l'arrêt du traitement. Ces traitements pouvant affecter le fœtus mâle, ils doivent par conséquent toujours être accompagnés d'un contraceptif afin d'éviter toute grossesse. 
  • Pilule : les pilules oestro-progestatives de troisième et quatrième génération peuvent être prescrites pour leur effet anti androgénique. Ces contraceptifs oraux peuvent donc dans certains cas diminuer les manifestations de l'hirsutisme. Comme tout médicament, la prise de la pilule s'accompagne de certains effets secondaires indésirables. C'est donc au médecin d'évaluer la pertinence d'une prescription. De nombreuses contre-indication existent telles que par exemple : hypertension artérielle, phlébite, antécédents familiaux ou personnels d'accidents cardiovasculaires, cholestérol, surpoids, tabagisme etc.
  • Acétate de cyprotérone : des fortes doses de ce médicament peuvent être administrées pour combattre l'hirsutisme. Là encore l'amélioration n'est observée qu'après 4 à 6 mois de traitement. Des effets secondaires indésirables tels que prise de poids, sécheresse vaginale, trouble de l'humeur, dépression, perte de libido, thrombose veineuse peuvent également être observés. Comme pour les contraceptifs oraux, certaines contre-indications comparables doivent également être respectées. 
  • Spironolactone et finastéride : ces deux médicaments n'ont pas reçu l'AMM en France. Ils réduiraient la pousse des poils excessifs. L'amélioration ne s'observerait qu'après 6 mois de traitement. Certains effets secondaires indésirables tels que douleurs mammaires, toxicité hépatique, troubles menstruels sont observés.

2/ Traitements cosmétiques

  • Rasage : technique utilisée mais déconseillée pour question esthétique. Si le rasage permet de supprimer les poils efficacement, cette pratique stimule également la pousse. Les poils peuvent alors être plus noirs et plus épais. De plus, le rasage peut irriter la peau et être à l'origine de folliculite (infection de la gaine du poil) et de poils incarnés générant des boutons peu élégants.
  • Crème dépilatoire : très efficaces, les crèmes dépilatoires agissent sur la kératine composant la tige du poil. Elles peuvent cependant générer des allergies et irriter les peaux sensibles. Des tests préalables  doivent être effectués pour observer la réaction de l'épiderme avant une application sur le visage. Les recommandations des fabricants doivent être lues attentivement. 
  • Décolorants : pour rendre les poils plus discrets, ils peuvent être décolorés par exemple par de l'eau oxygénée à 20 volumes ou des crèmes décolorantes spécifiques. Ces produits sont appliqués localement. Ils peuvent générer brûlures et irritations et ne peuvent être appliqués sur des peaux foncées.
  • Epilation laser : détruit la racine du poil de manière définitive mais 5 à 10 séances sont au minimum nécessaires chez une personne « normale ». En cas de stimulation hormonale, le nombre de séances reste par contre indéfini. Les séances sont pratiquées une fois par mois ou tous les deux mois et des séances dites « d'entretien » doivent également être réalisées. Les effets secondaires indésirables que l'on peut observer sont essentiellement des troubles de la pigmentation, des rougeurs, des cicatrices.
  • Lumière Intense Pulsée (LIP) : comme pour l'épilation laser, la technique de LIP a pour vocation de détruire la racine du poil de manière permanente. La « photo-épilation » comme elle est également nommée entraîne une épilation qui dure un à deux mois et une diminution progressive de la pilosité sur la zone corporelle traitée. 

Les conséquences de l'hirsutisme

Les conséquences de l'hirsutisme sont avant tout d'ordre psychologique. La présence de poils sur des zones corporelles « inadaptées » et notamment le visage peut s'avérer très handicapante au quotidien pour la femme qui en souffre. D'après une étude réalisée en 2006, 80 % des femmes qui souffrent d'une pilosité excessive au niveau du visage ressentiraient une forte gêne ayant pour conséquences malaise social et perte de confiance en soi.

Les répercussions de l'hirsutisme génèrent dans bien des cas mauvaise estime de soi, mal-être, baisse de la libido, altération des rapports socio-professionnel, dépression... 

Sources:

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